RDC : l’hégémonie de Joseph Kabila

Fidèle à l’esprit de l’accord de partage du pouvoir et de répartition des postes ministériels du 29 juillet, la composition de l’équipe gouvernementale annoncée le 26 août a fini par convaincre les derniers sceptiques sur qui contrôle réellement le pouvoir.

L’historique alternance démocratique connue par ce vaste pays d’Afrique centrale a cristallisé l’attention du monde entier. Plus d’un observateur se sont mis à rêver d’une rupture impulsée par le fils de l’inusable Etienne Tshisekedi. La longue attente de la composition de son équipe gouvernementale, a fait le lit des suspicions sur la réelle étendue de ses pouvoirs.  Forcé de composer avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila, soupçonné de vouloir continuer à diriger le pays dans l’ombre, Félix Tshisekedi va désormais s’accommoder aux péripéties d’une cohabitation avec Sylvester Ilunga Ilukamba, piloté par Kabila, comme premier ministre.

L’équipe gouvernementale

Profilées par Tshisekedi le 24 janvier lors de son investiture, les priorités du gouvernement sont multiples et se résument selon ses termes sur les « attentes du monde entier sur l’utilisation rationnelle des réserves congolaises en matières premières, notamment face aux enjeux des énergies renouvelables et des changements climatiques ». Pour y parvenir, le président dispose d’une équipe gouvernement forte de 66 membres, premier ministre inclus, avec 17% de femmes et 76% de nouvelles figures.

La part de Félix Tshisekedi

La coalition acquise au président Tshisekedi, le Cap pour le changement (CACH), hérite de 23 portefeuilles dont 2 clés. Gilbert Kankonde Malamba, vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières. Marie Tumba Nzeza, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères. Sont quelques portefeuilles clés restés sous l’influence du président.

Kabila se taille la part du lion

En s’adjugeant 42 postes ministériels, le Front commun pour le Congo (FCC) marque sa mainmise sur la gestion de la chose publique. Le positionnement de ses hommes, proches de Joseph Kabila, aux postes de souveraineté n’est pas anodin. Célestin Tunda Ya Kasende, vice-Premier ministre, ministre de la Justice et garde des Sceaux. Elysée Munembwe, vice-Premier ministre, ministre du Plan. Aimé Ngoy Mukena, ministre de la Défense. José Sele Yalaghuli, ministre des Finances. Ces maroquins de souveraineté assurent à Joseph Kabila un contrôle de l’action gouvernementale depuis sa retraite dorée à l’abri des velléités de poursuites pour de présumés faits de corruption durant son règne.

Joseph Kabila a par ailleurs opposé un sérieux revers à Modeste Bahati Lukwebo, grand absent du gouvernement, dont le regroupement (AFDC-A) a claqué la porte du FCC.

Avec 42 postes ministériels sous son contrôle, un premier ministre dans sa gibecière, une écrasante majorité au parlement avec 350 députés sur 485, une omniprésence au Sénat, Joseph Kabila a les coudées franches pour imposer son dictat au président Félix Tshisekedi.

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