Derek Chauvin : le nouveau visage de la violence et du racisme

Le policier de Minneapolis, au Minnesota, bourreau de George Floyd, plonge les Etats-Unis dans un théâtre de manifestations et d’émeutes en pleine crise de COVID-19.

Le 25 mai 2020 au soir, dans la reconstruction du triangle dramatique à la suite des circonstances ayant conduit à la mort par asphyxie de George Floyd, le psychiatre Stephen Karpman aurait seulement trouvé la victime et le persécuteur. Fatalement, la scène manquait de sauveur. Ce soir-là, personne ne vint au secours de George Floyd, 46 ans, sorti peu avant 20H chercher des cigarettes à l’épicerie du coin. A cause d’un billet douteux de 20 dollars, qu’il a tendu à l’employé pour payer, le 911 fut sollicité. « Quelqu’un est venu au magasin et a payé avec un faux billet, et on l’a réalisé avant qu’il parte », est la teneur de l’appel qui provoqua l’entrée en scène de Derek Chauvin, le persécuteur. Le policier a libéré ses pulsions agressives sur un homme noir mal disposé à les accueillir. « Je ne peux respirer », criait George Floyd. Des cris qui exaspéraient son persécuteur, et qui semblaient lui redonner un équilibre mental.

Qui est Derek Chauvin ?

C’est un policier blanc, 44 ans, ayant déjà fait l’objet de nombreuses plaintes auprès de la police locale. Dès 20H19, il a tenté de faire entrer George Floyd dans la voiture de police en le tirant, ce qui le fit tomber par terre, menotté. C’est à partir de ce moment que des passants commencent à filmer la scène. Derek Chauvin place son genou sur le cou de l’homme noir. Pendant 8 minutes et 46 secondes, il restera dans cette position. Celle d’un persécuteur soulageant son agressivité. Aux cris de détresse de sa victime, le policier répliquait, « pourtant, tu n’as pas de mal à nous parler », comme pour manifester son envie de faire durer son plaisir de tortionnaire.
Vendredi 29 mai, le commissaire du département de la sécurité civile de l’Etat du Minnesota a identifié le persécuteur de George Floyd, et annoncé son placement en détention. Son inculpation a été annoncée dans la foulée par le procureur du comté de Hennepin, auquel appartient Minneapolis. Sa femme, par l’intermédiaire de son avocat, a apporté « son soutien à la famille de George Floyd », et annoncé qu’elle demandait le divorce. Assurément cette dame est convaincue que son époux est devenu une véritable occasion de chute. Plus que jamais, Derek Chauvin a remis en activité le grand volcan dormant du racisme au Etats-Unis. Si les textes saints prétendent qu’ « il est nécessaire qu’il arrive des scandales », ils renseignent sentencieusement sur le sort de l’homme par qui ils arrivent. « Malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! ». En plus de voir sa petite famille ravagée par les laves du volcan dont il a provoqué l’activité sismique, l’homme devra faire face à un long feuilleton judiciaire.

Ce que risque Derek Chauvin

Il est visé par deux chefs d’accusation. « Homicide involontaire du deuxième degré », qui décrit l’acte de causer la mort par une « négligence coupable créant un risque déraisonnable ». Et « meurtre au troisième degré », un chef d’accusation plus grave mais qui désigne tout de même un acte involontaire, le fait de « perpétrer un acte éminemment dangereux et démontrer un esprit sans considération pour la vie humaine ». Des charges pas assez lourdes pour la famille de George Floyd. « Nous nous attendions à une condamnation pour meurtre au premier degré », c’est-à-dire un homicide volontaire avec préméditation, a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

Un passé de récidiviste

La police du Minnesota a rendu public le dossier disciplinaire de Derek Chauvin, qui fait état de 17 plaintes formulées contre lui auprès des services de police en dix-neuf ans de carrière. Une seule a donné lieu à des sanctions disciplinaires, sous la forme de deux « lettres de réprimande », note le document, qui ne décrit pas la nature des réclamations portées contre l’officier. En 2006, Derek Chauvin et cinq autres policiers ont abattu un homme latino-américain, Wayne Reyes. Les policiers ont affirmé avoir ouvert le feu après avoir été mis en joue par le suspect avec un fusil à pompe, et un grand jury a estimé qu’ils avaient fait un usage justifié de la force.
En 2008, le policier a blessé par balles un homme noir, Ira Latrell Toles, lors d’une intervention avec un autre policier pour violences conjugales. Selon la police, citée par un média local, Chauvin a tiré en réponse à une tentative de s’emparer de l’arme d’un des deux agents. Ce que Toles nie : « il a essayé de me tuer », affirme-t-il dans une interview publiée par le site The Daily Beast.
En 2011, enfin, Derek Chauvin était présent quand un autre policier a blessé par balles Leroy Martinez, un homme amérindien dont la police a affirmé, selon une chaîne locale, qu’il tenait une arme à feu.

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Christophe Mercier


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