2019 en Afrique : « Ceux qui sont morts ne sont jamais partis »

L’année a connu un lot de catastrophes, accidents et maladies qui ont couté la vie aussi bien à de millions d’anonymes qu’à de nombreuses célébrités du continent.

« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire et dans l’ombre qui s’épaissit, les morts ne sont pas sous la terre Ils sont dans l’arbre qui frémit, ils sont dans le bois qui gémit, Ils sont dans l’eau qui coule, ils sont dans la case, ils sont dans la foule. Les morts ne sont pas morts », enseignait Birago Diop, dans Le souffle des ancêtres en 1960. Il n’est donc pas question d’oublier ou de continuer de pleurer ces fils d’Afrique arrachés à la vie sous diverses circonstances, mais de persévérer dans l’effort permanent pour affranchir le continent du sous-développement en empruntant les chemins tracés par nos glorieux ancêtres, ou tout simplement en s’inspirant des œuvres éternelles qu’ils ont laissées à la postérité.

Au Nord-Ouest et Sud-Ouest camerounais, au front contre Boko Haram ou dans les opérations de maintien de la paix en Centrafrique et au Sahel, au large de la méditerranée en quête d’Europe, dans les accidents de la circulation, dans les catastrophes naturelles, à la suite d’épidémies, certains départs enregistrés en 2019 ont marqué les esprits.

Ahmed Gaïd Salah « Homme fort » de l’Algérie. Il a expiré à son domicile dans la matinée du 23 décembre, des suites d’une crise cardiaque. Après avoir soutenu la réélection d’Abdelaziz Bouteflika en 2014,  il devient l’acteur principal du régime et son représentant dans les médias avec la maladie de Bouteflika. Se fondant sur l’article 102 de la constitution, le 26 mars 2019, il suggère  au conseil constitutionnel de déclarer l’empêchement de Bouteflika pour raison de santé. Au nom d’une opération « mains propres », il justifie l’arrestation d’oligarques et membres du clan Bouteflika et réussit une transition politique historique dans son pays.

Robert Mugabe, le combattant du Zimbabwe. Il expira le 6 septembre à Singapour, à l’âge de 95 ans. Le 18 avril 1980, il devient Premier ministre du nouvel Etat du Zimbabwe. Pendant sept ans, malgré sa haine des Blancs, il prône une politique de réconciliation qui lui vaut l’amitié des pays occidentaux et de la reine Elizabeth II. Président depuis 1988, il est contraint à la démission le 21 novembre 2017 au terme d’un bras de fer d’une semaine avec l’armée. « Ma décision de démissionner est volontaire. Elle est motivée par ma préoccupation pour le bien-être du peuple du Zimbabwe et mon souhait de permettre une transition en douceur, pacifique et non violente qui assure la sécurité nationale, la paix et la stabilité », souffla-t-il.

Dawda Jawara, premier président de la Gambie. Il s’est éteint en août à l’âge de 95 ans. « Une perte immense pour le pays en particulier et le monde en général », avait commenté l’actuel chef d’Etat Adama Barrow. Il trouve un accord avec Léopold Sédar Senghor, pour la coexistence de la Gambie et du Sénégal, et, en 1970, proclame la République dont il devient le premier président. Le 22 juillet 1994, un coup d’État militaire, mené par Yahya Jammeh, réussit et renverse le régime démocratique qu’il préside. Il embarque avec sa famille et ses proches sur un navire de guerre américain, en escale technique à Banjul, pour ensuite s’installer à Dakar. Amnistié par son successeur en 2010, Yahya Jammeh n’épargnera rien pour fêter le retour du père de la nation le 31 décembre 2010, lui donnant dans la foulée la main de sa mère Aja Asombie Bojang.

Ben Ali, incompris en Tunisie ? Il termine ses jours exilé en Arabie saoudite, malgré les appels du Premier ministre Youssef Chahed à un retour au pays. Les dernières années de cet homme d’Etat décédé le 19 septembre à Riyad se résume à l’indifférence et à l’exil. Crédité du sursaut économique de la Tunisie et de la revalorisation des droits de la femme tunisienne pendant une bonne partie de son règne, il a fini par être emporté par le vent de révolution qui a soufflé sur le monde arabe dès 2011.

Essebsi, le démocrate Tunisien. Malgré la vague de contestation de la jeunesse, il est incontestablement le premier président démocratiquement élu après le printemps arabe. Son décès en juillet à l’âge de 92 ans est survenu quelque temps après qu’il a annoncé qu’il ne briguerait pas la présidentielle. Il quitta la scène en grand démocrate.

DJ Arafat, « Moto-moto ». La nuit du 11 août 2019 fut fatale pour le Roi du coupé-décalé, sa moto percute violemment une voiture à Abidjan. L’icône de la musique ivoirienne raccrocha son micro à l’âge de 33 ans laissant à la postérité de nombreux titres de référence. Le festival Danses et Continents noirs de Toulouse a consacré la soirée du 29 octobre à un hommage à DJ Arafat, en lui décernant le prix de meilleur artiste africain.

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