Jeux Olympiques Tokyo 2020 : les athlètes Africains comblent le vide

En raison de la pandémie du COVID-19, ils n’effectueront pas le voyage pour la capitale japonaise cette année pour briller sur les pistes et faire résonner les champs de ralliement du continent à travers le monde. Certes sous le choc, ils gardent le moral et promettent de rebondir plus haut, une fois la pandémie vaincue.

Les nouvelles dates des Jeux Olympiques de Tokyo, reportés en raison de la pandémie de coronavirus, ont été fixées par le Comité international olympique (CIO), le 24 mars 2020. Les Jeux Olympiques (JO) se dérouleront du 23 juillet au 8 août 2021. Ce report des JO de Tokyo est sans précédent dans l’histoire des jeux modernes en temps de paix, et représente un défi logistique colossal pour les organisateurs.
C’est une nouvelle très triste et un crève-cœur pour les nombreux et valeureux athlètes Africains qui se préparaient magnifiquement à donner le meilleur d’eux-mêmes. Transcendant leur peine, ils ont salué cette décision au nom de l’intérêt général de l’humanité. D’avis avec Rabelais qui soufflait : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », ils reconnaissent que le CIO n’avait pas d’autre option dans les conditions actuelles que de prendre cette décision historique.
Pour vous en convaincre, nous vous livrons quelques réactions de l’élite de l’athlétisme africain. De l’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou (100 et 200 mètres) confinée à Abidjan, au Burkinabè Hugues Fabrice Zango (triple saut) bloqué à Béthune, en passant par le Congolais Franck Elemba (lancer du poids) à Rabat et la Béninoise Odile Ahouanwanou (heptathlon) à Rouen, voici les pensées de champions frustrés mais toujours motivés.

Marie Josée, la philosophe

A 31 ans, Marie-Josée Ta Lou sait qu’elle est plus proche de la fin de sa carrière que du début. Le report est surtout « une bonne nouvelle pour les jeunes », dit-elle avant d’ajouter : « Je sais que j’ai encore du jus et que je cours vite ». Elle semble davantage préoccupée par les conséquences financières du bouleversement du calendrier. Déjà, les six premiers meetings de la Ligue de diamant 2020 ont été reportés. « Ça représente beaucoup parce que moi je ne vis que de l’athlétisme, je ne vis que de mes résultats, des primes de meetings et de l’argent du sponsor. S’il n’y a pas tout ça, on n’a rien ». Et d’espérer que son équipementier soit compréhensif.
A Abidjan, où le couvre-feu commence à 21h00, Marie-Josée Ta Lou ne souffre pas trop du confinement. « J’ai une tendinite et j’avais besoin de repos donc là je ne fais rien. J’ai quand même des petits picotements au niveau des pieds qui veulent vraiment courir mais sinon j’ai toujours été casanière donc ça ne me gêne pas du tout. Je regarde la télé, je lis, je prie ou je fais la cuisine ».


A Rio en 2016, la sprinteuse ivoirienne a fini deux fois au pied du podium, échouant même à quelques millièmes de seconde seulement d’une médaille sur 100 mètres. Sa revanche olympique attendra un peu.

Hugues Fabrice, dans le calme

Dans sa résidence universitaire à Béthune dans le nord de la France, le triple sauteur Hugues Fabrice Zango explique : « Tout ce qui est préparation spécifique est complètement bouleversé et on ne peut plus progresser. Les stades sont fermés. A la limite, je pourrais faire des bondissements dans la cour mais sur du macadam ce serait dangereux ». Alors abdominaux, gainage et pompes. Il s’enquiert de la situation au Burkina Faso, tous les jours au téléphone avec la famille.
« On ne déprime pas ! », confirme l’ingénieur Zango. « Depuis que le virus est là, j’ai commandé plein de maquettes », précise le doctorant en génie électrique. « J’essaie de faire de l’électronique histoire de passer le temps. Je fais mes expériences à la maison en attendant d’avoir accès de nouveau au laboratoire ».
Après une longue attente de quatre ans, l’objectif olympique est repoussé à 2021, probablement à l’été. « Il n’y a pas de championnat majeur avant mars 2021 donc ça pèse sur nous. Il faut une grosse force mentale. Mais se relâcher trop, ce serait tuer tous les progrès que tu as faits ». Le Burkinabè sait de quoi il parle, il est en progrès constants depuis son élimination dès la séance de qualifications à Rio. Sa série de records d’Afrique, sa médaille de bronze aux Mondiaux de Doha l’an passé, son début de saison hivernale tonitruant, 17,77 mètres en février, à 15 cm du record du monde en salle du triple saut, l’autorisent à envisager une médaille olympique qui serait la toute première de l’histoire de son pays.
Odile garde la forme
Le report des Jeux était dans l’air depuis deux ou trois semaines. L’incertitude était devenue pesante pour Odile Ahouanwanou : « On était stressés, on avait une pression de ouf ». Le soulagement est palpable à l’autre bout du fil. Licenciée à Sotteville dans l’Ouest de la France, la Béninoise est actuellement à Rouen. C’est là qu’elle a préparé son succès d’octobre 2019 : une huitième place à l’heptathlon aux Championnats du monde de Doha, un résultat prometteur à l’approche des Jeux, le moment rêvé qui doit marquer toute une carrière. Derrière sa voix, des bruits de cuisine la signalent dans son appartement. Plus question d’aller s’entraîner dehors. « J’habite à moins de 2 km du stade, il me manque énormément. Pour moi, c’est ma maison ! » Comme tous les sportifs, elle s’est organisée pour « garder la forme » à domicile. « Je suis dans un immeuble de quatre étages alors je fais des séances d’escaliers. Quand tu es habitué à dix entraînements par semaine et que tu passes à deux… On ne peut pas faire grand-chose mais on garde la forme ».

Franck Elemba, dans la chanson

Il vit son confinement à Rabat : « C’est impossible de lancer dans l’appart, parce que le poids fait 7 kilos 260. C’est un engin très dangereux, on va éviter de tout casser ! » Sa mère, avec qui il est bloqué depuis trois semaines, apprécie la délicatesse du colosse congolais.
Quatrième à Rio en 2016, la meilleure place d’un lanceur de poids africain aux JO, le Congolais est moins convaincant , mais il est sûr de revenir et n’hésite pas à confier son goût pour Céline Dion avant de se mettre à chanter face à son smartphone : « Et si tu crois que c’est fini… ».

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