International – Page 2 sur 32 – Meyomessala International

AvatarFrederick Emell3 août 2020
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Selon la décision n°002/PDG/SE/CPD du 1er août, la Commission permanente de discipline du Parti démocratique gabonais a infligé au terme d’auditions tenues du 7 au 9 juillet, des sanctions aux « camarades » opposés à la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon. Cette loi était soutenue par les plus hautes instances du parti présidentiel dont le président Ali Bongo Ondimba.

Dans sa décision, le Parti démocratique gabonais (PDG) explique ces sanctions par le fait que « les camarades mis en cause ont reconnu avoir exprimé un vote dissident, attitude située aux antipodes des principes basiques du fonctionnement de notre formation politique et du style de travail édicté par le secrétariat exécutif ». La commission de discipline a relevé que ces parlementaires dissidents ont fait preuve « d’un management approximatif du processus ayant conduit au vote, d’une absence de concertation au sein du groupe parlementaire PDG à l’Assemblée nationale et d’une méconnaissance des réelles modifications apportées au Code pénal ». Tous les sénateurs et députés qui n’ont pas voté ou se sont abstenus lors de l’adoption de la loi qui dépénalise l’homosexualité dans le pays ont été sanctionnés. Jamais le PDG, au pouvoir depuis 52 ans, n’a été aussi sévère contre ses principaux ténors.

Le parti de Ali Bongo Ondimba ne peut tolérer la contradiction et l’indiscipline, surtout quand elles proviennent de ses rangs. C’est le sens à donner à la pluie de sanctions prises samedi dernier contre les 25 parlementaires du parti pouvoir qui ont osé avoir une voix dissidente à la position du parti sur la dépénalisation de l’homosexualité qui continue de défrayer la chronique. Sur la liste des poids lourds sanctionnés, on compte l’actuel vice-président du Sénat, Léonard Andjembé, pourtant considéré comme l’un des gardiens du temple et qui occupe ce poste depuis une dizaine d’années. Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre au moment du vote du 25 juin, principal défenseur de la cause homosexuelle au Gabon, est sanctionné pour n’avoir pas organisé des concertations des groupes parlementaires du parti à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il écope d’une « mise en demeure », au même titre que Martin Mabala et de Raphaël Mangouala. D’autres parlementaires dont la fille aînée d’Ali Bongo, Malika, et Idriss Ngari, un autre cacique de l’époque d’Omar Bongo, écopent eux d’un « avertissement avec inscription au dossier ». David Ella Mintsa, porte-parole du parti est également sanctionné, tout comme l’actuel ministre des Affaires étrangères, Pacôme Moubelet Boubeya. A l’Assemblée nationale, 48 députés ont voté pour la dépénalisation, 24 contre, et 25 se sont abstenus. Les rapports entre personnes du même sexe ne sont plus passibles de 6 mois de prison maximum et d’une amende de 5 millions de F.


AvatarManfred Essome31 juillet 2020
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Mise à l’écart au tout début de la pandémie du Coronavirus sur le continent, la médecine traditionnelle est en voie d’être utilisée dans la lutte contre cette maladie, qui a déjà causé le décès de plus de 17 000 personnes en Afrique.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont tendu la main à cette médecine reposant essentiellement sur l’utilisation des milliers de plantes dont dispose le continent.

Alors que l’Occident a une attention particulière sur les grands laboratoires à la recherche d’un vaccin contre cette maladie qui ébranle le monde entier,  le Bureau Afrique de L’organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) se tournent plutôt vers la médecine traditionnelle. La semaine dernière, ces deux institutions sanitaires ont mis en place un Comité consultatif d’experts chargé de fournir un soutien et des conseils scientifiques indépendants aux pays sur la sécurité, l’efficacité et la qualité des thérapies de médecine traditionnelle.

En effet, ce comité d’experts appuiera les pays dans un effort de collaboration pour mener des essais cliniques de médicaments traditionnels en conformités avec les normes internationales. Un apport visant également à faciliter l’enregistrement des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle jugés sûrs et efficaces.

Selon l’OMS, le recours à cette forme de thérapie fait suite à son utilisation par environ 80% de la population; une plus-value dans la mise en place d’une stratégie capable de contribuer à l’atteinte des objectifs de la couverture sanitaire universelle, par la réduction de la pauvreté et de la faim.

« La fabrication et la Commercialisation à grande échelle des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle, qui impliquent la culture des plantes médicinales ainsi que les processus de récolte et de post-récolte présentent des avantages en termes de développement socio-économique », a précisé le Dr Ossy Kasilo, conseillère régionale chargée de médecine traditionnelle pour le bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé en Afrique.

De son côté, Dr Moatshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique met l’accent sur les principes empiriques de la science: « L’intérêt pour la médecine traditionnelle en tant que traitement potentiel contre le Covid-19 est croissant en Afrique », ajoutant : « au moment où le monde se lance à la recherche de traitements et de vaccins contre le virus, la recherche sur les médecines traditionnelles et orthodoxes en tant que thérapie potentielle du Covid-19 doit être fondé sur la science, et ce jour marque une étape importante dans le soutien de ces efforts » . A l’aube de l’annonce des premiers cas confirmés, à l’instar de Madagascar, plusieurs Etats du continent ont plaidé pour l’intégration de la médecine traditionnelle dans la riposte contre la pandémie. Des sources proches des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies indiquent que certains États dont le Nigeria et l’Ouganda ont lancé des recherches thérapies traditionnelles.

En effet, Les Nations Unies estiment que la médecine traditionnelle africaine présente plusieurs bénéfices dont «la diversité, la flexibilité, la disponibilité, des prix abordables, l’acceptation générale par les communautés africaines et le coût comparativement faible par rapport aux médicaments modernes, signale la docteure en pharmacologie clinique». L’organisation souligne toutefois qu’il faut «redoubler d’effort pour mobiliser des fonds pour la recherche, car la médecine traditionnelle est souvent sous-financée dans le secteur de la santé». La prise en compte de la médecine traditionnelle par l’OMS dans la riposte contre le Coronavirus, pourrait permettre au continent africain d’écrire sa propre histoire scientifique et de mettre en place des solutions pratiques pour améliorer la vie des patients africains.

Un plaidoyer de l’OMS réitéré en Mai 2020

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait accueilli favorablement les innovations à travers dans le monde, y compris le recyclage des médicaments, des produits issus de la pharmacopée traditionnelle et la mise au point de nouvelles thérapies dans le cadre de la recherche de traitements potentiels de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).

L’Organisation reconnaissait que la médecine traditionnelle, complémentaire et alternative recèle de nombreux bienfaits. L’Afrique a d’ailleurs une longue histoire de médecine traditionnelle et de tradipraticiens de santé qui jouent un rôle important dans les soins aux populations. Des plantes médicinales telles que l’artemisia annua sont considérées comme des traitements possibles de la COVID-19, mais des essais devraient être réalisés pour évaluer leur efficacité et déterminer leurs effets indésirables. Les Africains méritent d’utiliser des médicaments testés selon les normes qui s’appliquent aux médicaments fabriqués pour les populations du reste du monde. Même lorsque des traitements sont issus de la pratique traditionnelle et de la nature, il est primordial d’établir leur efficacité et leur innocuité grâce à des essais cliniques rigoureux.

Les gouvernements africains, par l’intermédiaire de leurs Ministres de la santé, ont adopté au cours de la cinquantième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique tenue en 2000, une résolution sur la médecine traditionnelle dans laquelle les États Membres étaient invités à générer des données factuelles sur la sécurité, l’efficacité et la qualité de la médecine traditionnelle. Les pays étaient aussi invités à effectuer des recherches pertinentes et à demander aux autorités nationales de réglementation pharmaceutique à approuver les médicaments conformément aux normes internationales, qui préconisent notamment que le produit suive un protocole de recherche strict et soit soumis à des tests, ainsi qu’à des essais cliniques. Ces études concernent en temps normal des centaines de personnes, sont effectuées sous la supervision des autorités nationales de réglementation pharmaceutique et sont réalisées pendant quelques mois dans le cadre d’un processus accéléré.

En outre, l’OMS œuvre de concert avec les instituts de recherche pour sélectionner les produits issus de la pharmacopée traditionnelle sur lesquels des investigations peuvent être menées afin de déterminer leur efficacité clinique et leur innocuité dans le traitement de la COVID-19. En outre, l’Organisation mondiale de la Santé continuera de prêter son assistance aux pays au moment où ils analysent le rôle que les tradipraticiens de santé jouent dans la prévention, l’endiguement, la détection précoce du virus et l’orientation-recours des cas vers les établissements de santé. L’OMS se réjouit de chaque occasion de collaborer avec les pays et les chercheurs pour développer de nouveaux traitements, et encourage une telle collaboration pour la mise au point de thérapies efficaces et sans risque pouvant être utilisées en Afrique et ailleurs dans le monde.


AvatarGérard Barbut31 juillet 2020
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Malgré une condamnation à 20 ans de prison pendante dans l’affaire dite du « braquage de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest », l’ancien président actuellement en liberté conditionnelle en Belgique, souhaite désormais retrouver sa terre natale.

L’enfant prodige de Gagnoa n’est pas dupe. Le temps qui passe joue contre lui et les millions de partisans du Front populaire ivoirien (FPI) qui le pressent de se présenter au scrutin présidentiel d’octobre 2020. La Cour pénale internationale l’autorisant à quitter la Belgique, à condition que tout pays dans lequel il souhaite se rendre accepte au préalable de le recevoir, Laurent Gbagbo a entamé des procédures auprès des autorités de son pays la Côte d’Ivoire. « Après plusieurs demandes infructueuses d’établissement d’un passeport diplomatique auprès du ministère des Affaires étrangères à Abidjan, le président Laurent Gbagbo s’est déplacé ce jour auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles pour introduire une demande de passeport ordinaire et d’un laissez-passer », a indiqué dans un communiqué le 28 juillet, Me Habiba Touré, l’avocate du président du FPI.

« En effet, à l’issue de son acquittement le 15 janvier 2019, et de la levée des conditions restrictives le 28 mai 2020, il est plus que temps pour le président Laurent Gbagbo de rentrer chez lui », conclut-elle. En effet, l’ex-chef d’Etat de 2000 à 2010 a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) du chef d’accusation de « crimes contre l’humanité » et libéré après sept ans de détention à La Haye. La Cour examine actuellement la demande d’appel de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda. Avant une quelconque réponse des autorités ivoiriennes, son avocate se projette. « Maintenant, le choix concernant une éventuelle candidature à l’élection présidentielle, cela relève du choix du parti et de son choix personnel également. Mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour. On parle d’un homme qui a été privé de son pays pendant près de dix ans. Il veut rentrer chez lui le plus rapidement possible », éclaire-t-elle, narguant au passage la justice ivoirienne : « si la justice ivoirienne est tellement sûre d’elle, de sa procédure, pourquoi a-t-elle peur de le laisser rentrer ? ».

Vers un bal de vétérans

L’ancien président ivoirien Henri Konan-Bédié, 86 ans, tout juste désigné candidat par son parti, le PDCI-RDA, sera inévitablement rejoint par le président sortant Alassane Ouattara âgé de 78 ans. Invité par ses partisans à briguer un troisième mandat lors de la réunion du conseil politique de son parti, le RHDP, tenue le 29 juillet à Abidjan, le président sortant a promis de se prononcer dans les jours à venir. « J’ai écouté toutes les interventions et je prends acte de la sollicitation des militants. Vous savez que je ne vous ai jamais déçus et je ne vous décevrai jamais. La Côte d’Ivoire doit avancer et non reculer. Je m’adresserai très prochainement à toute la nation », a répondu Alassane Ouattara. Avec un retour de Laurent Gbagbo, 75 ans, l’élection du 31 octobre prochain aura des airs du déjà vu. Le peuple ivoirien et la communauté internationale ne souhaitent pas revivre les épisodes douloureux des affrontements de ces éléphants de Côte d’Ivoire.


AvatarChristophe Mercier31 juillet 2020
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Le président Idriss Déby Itno profite de ses récents succès contre Boko Haram pour asseoir un peu plus son pouvoir. L’Assemblée nationale l’a ainsi élevé le 24 juin 2020 au titre de maréchal pour le combat qu’il a mené contre le terrorisme.

Agé de 68 ans, le président, arrivé au pouvoir par les armes il y a près de 30 ans, était jusqu’à présent général de l’armée tchadienne. Dernier fait d’arme en date : il s’était rendu dans la région du lac Tchad fin mars pour piloter la riposte de l’armée après une attaque du groupe djihadiste Boko Haram contre une base tchadienne où près de 100 soldats tchadiens avaient été tués. Outre la présence du groupe terroriste dans la province du Lac, l’armée tchadienne fait face à des affrontements récurrents entre cultivateurs et éleveurs dans l’Est et à des combats entre groupes rebelles et orpailleurs illégaux dans le Nord. Hors de ses frontières, le Tchad est présent dans la Force conjointe du G5 Sahel.

Les nouvelles tenues dévoilées

Idriss Déby Itno, nouvellement élevé au grade de maréchal du Tchad, a signé le 15 juillet 2020 un décret peu habituel définissant les caractéristiques de ses tenues et galons. Dans ce décret numéro 1577/PR/2020 de six pages et signé de sa main sur proposition de son grand chancelier, le chef de l’État tchadien approuve les détails de ses futurs uniformes, élément par élément. « La tenue d’apparat […] comprend : une vareuse en polylaine 220 g. de couleur bleu nuit […], col Mao haut brodé main or motifs feuille de chêne », précise le document.

Suivent « une cape en soie ou en tissu polyviscose », « un pantalon […] avec bande commandement […] brodée main or », « une aiguillette en cordon milanaise or double ferret sur épaule gauche » ou encore une « casquette avec coiffe démontable », « un sabre lame forgée » et un « bâton de maréchal de couleur noire, modèle empire ». Ce dernier, précise le texte, devra être orné « de 23 étoiles dorées de 15 mm symbolisant les 23 provinces du Tchad » et sa « bague supérieure » sera « gravée de la mention Terror Belli Decus Pacis, soit « Terreur pendant la guerre, bouclier pendant la paix ». Le sabre du nouveau maréchal comportera quant à lui la devise « Pour l’honneur et la fidélité à la Patrie ».

De nouvelles formules protocolaires pour s’adresser au Maréchal Itno

«Maréchal du Tchad IDRISS DEBY ITNO, Président de la République, Chef de l’Etat». Voici comment il faut s’adresser à l’écrit au président tchadien, selon une note de la direction générale du protocole de la présidence du pays datée du vendredi 3 juillet 2020. Pour s’adresser au chef de l’Etat à l’oral, voici la formule consacrée : «Maréchal». «La Direction Générale du protocole de la Présidence compte sur la bonne compréhension de l’opinion et lui demande de se conformer aux nouvelles appellations», précise encore la circulaire signée de l’ambassadeur Allah Maye Halina. Pour rappel, c’est au cours de leur session du 26 juin que les députés tchadiens ont décidé d’élever le président Idriss Deby Itno à la dignité du Maréchal du Tchad pour son engagement personnel dans l’opération «Colère de Boma» qui a permis de neutraliser des éléments de Boko Haram.

Le Tchad intensifie sa lutte contre Boko-Haram

Le 23 mars 2020, les partisans de Boko Haram se sont livrés à une grave attaque contre les troupes tchadiennes stationnées à Bohoma. Les combats ont duré plus de 7 heures, faisant 98 morts, sans compter les dizaines de blessés, dans les rangs de l’armée tchadienne. La bataille de Bohoma (orthographiée parfois Bohouma, Bouma ou encore Boma) a mis en évidence les inquiétants progrès réalisés par l’organisation en termes de capacités de combat et de renseignement, alors que l’armée tchadienne était largement considérée en position de supériorité dans la région.

Cette attaque fait suite à des années d’insurrection menée dans le bassin du lac Tchad et notamment dans le nord du Nigeria, mais aussi dans le nord du Cameroun, le sud-est du Niger et l’ouest du Tchad par Boko Haram et l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO), sa ramification ayant fait allégeance à l’État islamique. Au Tchad, les activités des groupes extrémistes islamistes se sont concentrées dans la province du Lac, qui englobe tout le territoire tchadien bordant le lac. Le nombre d’affrontements entre les insurgés et les soldats tchadiens a triplé, passant de 7 en 2018 à 21 en 2019. De plus, depuis le début de l’année 2019, les populations civiles du Tchad ont été visées à 15 reprises, entraînant des dizaines de décès et d’enlèvements dans ce qui apparaît comme un changement manifeste de tactique.

Ces violences ont entraîné le déplacement de près de 170 000 personnes de la province du Lac, soit environ un tiers de la population tchadienne de la région. Elles ont également mis en péril les moyens de subsistance en entravant la production agricole et en bloquant le commerce transfrontalier, deux facteurs qui, selon les estimations des Nations unies, rendront près de 5,3 millions de personnes dépendantes de l’aide humanitaire au Tchad en 2020. Suite à l’attaque du 23 mars, l’armée tchadienne a lancé une offensive dirigée par le président Idriss Déby afin d’expulser les insurgés du territoire tchadien.


AvatarFrederick Emell31 juillet 2020
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Selon un communiqué rendu public le 30 juillet par le secrétaire général de la présidence de la République, ce proche du président Alassane Ouattara prend la tête de la primature pour succéder au défunt Amadou Gon Coulibaly.

« Le président de la République, S.E. Alassane Ouattara, a procédé, ce jeudi 30 juillet 2020, à la signature d’un décret portant nomination de M. Hamed Bakayoko, en qualité de Premier ministre, chef du gouvernement, ministre de la Défense », a signé Patrick Achi, le ministre, secrétaire général de la présidence de la République de Côte d’Ivoire. Le président Alassane Ouattara a choisi de remettre les clés de la primature à Hamed Bakayoko, 55 ans, qui en assurait l’intérim depuis près de deux mois. Son nom avait circulé comme présidentiable, avant la désignation en mars d’Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti au pouvoir pour la présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire. Conscient de la période d’incertitude que traverse son pays à la veille d’une élection présidentielle plus que jamais sous haute tension, Hamed Bakayoko s’en est remis à Dieu. « Que Dieu tout-puissant m’assiste », a publié le nouveau Premier ministre, sur sa page digitale officielle, à la suite de l’audience que lui a accordée le chef de l’Etat en fin d’après-midi. De l’enfance à Adjamé à la primature, Hamed Bakayoko affiche un parcours de conquérant et d’homme de convictions.

Du haut de son mètre quatre-vingt-neuf, l’ancien journaliste et homme d’affaires Hamed Bakayoko est devenu en une décennie un acteur politique incontournable. D’abord ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur en 2011, il est devenu ministre de la Défense en 2017 et depuis deux ans maire d’Abobo, l’une des deux communes les plus peuplées d’Abidjan et de Côte d’Ivoire. Vingt ans plus tôt, il était un heureux dirigeant de médias, Le Patriote, Radio Nostalgie ou encore Nostalgie Afrique. Né dans le quartier d’Habitat-Extension, dans la commune d’Adjamé, Hamed Bakayoko est issu d’une famille pieuse et conservatrice. Il est descendant d’érudits musulmans connus de la famille d’El-Hadji Moussa Bakayoko, celui-là même qui, selon la légende, fonda la ville de Koro, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire. Elevé par son père veuf avec son frère et ses deux sœurs, Hamed Bakayoko part dès la fin du lycée pour le Burkina Faso afin d’y étudier la médecine. Il n’ira pas au bout, car à Ouaga il s’éveille à la politique, découvre Thomas Sankara et les discours de lutte.

A son retour à Abidjan, il se lance en politique et fonde le journal Le Patriote qui se veut proche du président Houphouët-Boigny et du PDCI. Le président n’y est pas sensible et Hamed Bakayoko décide de se mettre au service de la défense du Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny, Alassane Ouattara. Il vient de lancer avec Djéni Kobina le Rassemblement des Républicains (RDR) et Le Patriote en devient son organe de presse. Mais Henri Konan Bédié, grand rival d’Alassane Ouattara, ne digère pas l’un des courriers de lecteur lui portant atteinte. Bakayoko est envoyé en détention à la Maca, à Abidjan, pour quatre mois et seize jours. Après sa sortie, il se lance en radio avant de faire la rencontre de celle qui deviendra la première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, qui investit dans son média. Depuis cette époque, une relation de confiance s’est installée entre les deux hommes qui se sont rapprochés au fil des années. Au point que lorsque le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est finalement arrêté dans sa résidence de Cocody par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), Alassane Ouattara désigne Hamed Bakayoko pour assurer la protection de l’ancien président à l’hôtel du Golf.


AvatarChristophe Mercier30 juillet 2020
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Pour l’édition 2020 à Landjia, dans la commune de Bimbo 5 à plus de 10 kilomètres de Bangui, le président centrafricain a appelé les sociétés forestières installées dans son pays à « se conformer aux dispositions du Code Forestier centrafricain relative au taux de transformation des essences de première catégorie qui est de 70% ».

Le 25 juillet 2020 était jour de fête dans la préfecture de l’Ombella M’Poko. Le président Faustin Archange Touadéra a personnellement inauguré la cérémonie officielle de la Journée nationale de l’arbre en Centrafrique. Pour l’édition 2020 placée sous le thème « L’arbre : source de sécurité sanitaire », le président centrafricain était entouré du président de l’assemblée nationale, Lauren Gom Baba, du Premier ministre, Firme Ngrebada, ainsi que des présidents des organes constitutionnels. Pour souligner l’importance que revêt l’arbre pour l’être humain et pour la propre nature, cette édition a connu la présence du ministre conseiller de l’ambassade de la République de Guinée équatoriale accrédité à Bangui, Benjamín Obama Eworo Mangue.

Depuis plus d’une décennie, le monde entier fait face aux changements climatiques qui menacent actuellement la survie de l’espèce humaine. « Et comme si cela ne suffisait pas, l’année 2020 qu’on croyait une année d’excellence car on la qualifiait de 20/20, s’est révélée une année de grand défi sanitaire pour l’humanité toute entière avec la pandémie du Coronavirus ou COVID-19 », a déploré le président Faustin Archange Touadéra. Dans la suite de son propos, il a souligné que les forêts constituent un grand réservoir des ressources génétiques forestières et fauniques, matières premières qui sont à la base de la fabrication de plusieurs produits pharmaceutiques modernes mais également traditionnels. La République centrafricaine n’est pas épargnée par les effets du changement climatique qui est un phénomène universel, dans un monde globalisé où les actions des uns ont des répercussions plus ou moins bonnes sur les autres. « Face à ces différents maux auxquels le monde entier est confronté, qui peut encore douter de l’importance de l’arbre et des forêts dans la résolution de ces grandes crises sanitaires, environnementales et économiques ? », s’interrogea-t-il.

La désertification, la surexploitation des ressources naturelles, la démographie galopante et un mode de consommation non durable sont encore aggravés par le changement climatique qui invite à l’action dans le sens de la responsabilité environnementale, et de la conciliation entre les activités du développement humain et le respect de l’environnement. Cette double exigence de conservation et de développement implique une concertation permanente entre les populations, les Etats et les partenaires au développement. Le président a invité le gouvernement à ne ménager aucun effort pour, d’une part, rechercher les voies et moyens pour formaliser l’activité de sciage artisanal afin de garantir la gestion durable des ressources forestières et la sécurité sanitaire des populations et, d’autre part, mettre en œuvre la stratégie nationale relative à la réduction des émissions de gaz liées à la dégradation des forêts, à la déforestation et augmentation de stock de carbone forestiers, connue sous le sigle REDD+. Invitant chaque citoyen à planter un arbre, le président Touadéra a clos la cérémonie par le dévoilement de la plaque commémorative et la plantation d’arbres sous les applaudissements des populations venues nombreuses.


AvatarManfred Essome23 juillet 2020
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Le Bénin vient de passer du statut de pays à faible revenu à celui à revenu intermédiaire. C’est ce qu’indique le rapport annuel 2019 de la Banque Mondiale rendu public le 1er juillet 2020. Un indicateur de cinq ans de gouvernance palpable qui contraste avec celui du Togo.

Le Bénin change de statut

C’est la bonne nouvelle depuis quelques jours déjà du côté des voisins de l’Est. Selon la nouvelle classification de la Banque mondiale, actualisée chaque année au 1er juillet, basée sur le revenu national brut (RNB) par habitant de 2019, le Bénin se hisse désormais au rang des pays à revenu intermédiaire. Franchissant ainsi celui de pays à faible revenu qu’il traîne depuis lors.

Ainsi, de façon spécifique, le Bénin est passé d’un RNB par habitant de 870 dollars US en 2018 à 1250 dollars US en 2019. Un indicateur qui, souligne l’institution de Breton Woods, explique cette requalification. Toutefois, elle a précisé que la révision des comptes nationaux a joué un rôle important dans l’actualisation à la hausse.

Par cette nouvelle requalification, le Bénin rejoint ainsi le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal dans le club restreint des pays à revenu intermédiaire en Afrique de l’Ouest.

Le Togo fait du surplace depuis 1987

Si en cinq années de gouvernance, le Président Patrice Talon a pu permettre la requalification du statut du Bénin, c’est tout le contraire pour le Togo. En quinze années de gouvernance sous Faure, rien n’a bougé. Malgré un quinquennat exclusivement dédié au social, le Togo caracole toujours à sa position initiale de pays à faible revenu national brut par habitant qu’il traîne depuis 1987. Lequel s’établit à 690 USD (par an, soit environ 403 000 F CFA) en 2019.

C’est donc une évidence, le Togo demeure une économie à faible revenu, selon le même rapport de la Banque mondiale. Au niveau mondial, le pays dirigé depuis 2005 par le Prince de Pya ne fait mieux que la Somalie (130 USD), le Burundi (280 USD), le Malawi (380 USD), le Mozambique (480 USD), la Sierra Leone (500 USD), Madagascar (520 USD), la Centrafrique (520 USD), la RD Congo (520 USD), l’Afghanistan (540 USD), le Niger (560 USD), le Libéria (580 USD), le Soudan (590 USD) et l’Érythrée (600 USD). Des pays somme toute à histoires sociopolitiques douloureuses, puisque connaissant plusieurs décennies de guerres civiles et autres crises sociopolitiques.

Le nœud de l’exemple Béninois !

Une analyse comparative des résultats de la gouvernance sociopolitique et économique au Togo, en rapport avec ceux du Bénin, fait ressortir un contraste saisissant. En effet, depuis son accession au pouvoir en 2005, héritant de son père, un pays en ruines économiques, selon le ministre Trimua, Faure n’a cessé de multiplier les projets et programmes de développement. Document stratégique de réduction de la pauvreté (Dsrp) 1 et 2, Scape, Pudc, Pnd…Mieux, un ministère spécialement dédié au développement à la base est mis à profit.

Ce, dans le but de traduire sur le terrain, cette volonté politique de développement déclinée en autant de projets mis en œuvre. Lesquels projets sont censés mettre désormais l’homme au cœur du développement. Mais que ne nenni. À l’arrivée, le togolais reste plus malheureux qu’il ne l’était. En témoignent, à juste titre, les nombreux classements des Nations unies sur les indices du bonheur qui placent le citoyen togolais au rang des plus malheureux au monde. Plutôt que de créer le bonheur aux citoyens, on a l’impression que ces différents projets ne créent que le bonheur de quelques-uns qui sont à la commande.

Le nouveau rapport de la Banque mondiale qui déclasse le Bénin de sa zone d’inconfort est donc une véritable leçon de pragmatisme et de gouvernance concrète au service du pays. On ne peut prétendre être le meilleur à gouverner le Togo si en quinze ans, on fait du surplace, d’après la Banque mondiale, pendant que cinq ans ont largement suffit ailleurs pour faire bouger les lignes et indices de développement.

Des projets forts au Bénin

En rappel, le 15 mai 2018, la Banque mondiale avait approuvé  un financement de 220 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider le Bénin à étendre l’accès à l’eau à tous les habitants des zones rurales.

Baptisé « AQUA-VIE », ce nouveau programme axé sur la performance (PforR en anglais) améliorera les services d’approvisionnement en eau grâce à la construction de 270 systèmes d’adduction d’eau et à la remise en état ou à l’extension de 360 systèmes existants dans les zones rurales. Quelque 1,6 million de personnes ont bénéficié de ce programme, qui participé à mettre en place 34 500 nouveaux raccordements et 3 300 nouvelles conduites. Par ailleurs, d’autres éléments viendront améliorer l’approvisionnement en eau potable, comme la passation de contrats basés sur la performance avec des opérateurs régionaux, ainsi que le renforcement des capacités des prestataires et des municipalités concernée.


AvatarFrederick Emell23 juillet 2020
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Treize hauts fonctionnaires équatoguinéens ont été placés jeudi 16 juillet 2020 en détention préventive pour leur participation à un trafic de timbres fiscaux estimé à plusieurs millions d’euros, a annoncé la télévision d’État.

Les treize fonctionnaires travaillaient tous au Trésor public de la Guinée équatoriale. Ils avaient été arrêtés la semaine dernière, placés en garde à vue, puis ont été mis en examen jeudi par la justice équatoguinéenne pour « vol et appropriation illicite », a rapporté la télévision d’Etat. Ce délit est passible de 6 à 10 ans d’emprisonnement. Dans la foulée, les treize fonctionnaires ont été placés en détention préventive et transférés à la prison centrale de Malabo.

Cette semaine, plusieurs perquisitions au domicile de ces fonctionnaires ont permis de mettre la main sur des timbres fiscaux pour un montant de 303 millions de francs CFA (462.000 euros). Depuis 2015, la vente de ces timbres volés au Trésor public par ces agents a généré des “milliards de francs CFA” a expliqué à la télévision d’Etat, le chef des enquêteurs, le colonel de gendarmerie Antonio Okomo.

Les timbres volés par les fonctionnaires étaient ensuite revendus à un réseau clandestin. La vente de ces timbres a permis aux accusés de “construire des résidences” ou encore “des écoles privées”, a précisé l’enquêteur.

La Guinée équatoriale, dirigée depuis quarante ans par le président Teodoro Obiang Nguema, est l’un des pays les plus riches du continent africain, grâce à son pétrole, mais une grande partie de sa population vit encore dans la pauvreté. Les ONG dénoncent régulièrement le manque de redistribution des richesses et une corruption endémique. En 2002, la police avait déjà épinglé le trésor public. Des cambrioleurs, bénéficiant de complicité avec des agents de cette administration, avaient réussi à y dérober plusieurs millions d’euros.

Un phénomène qui est récurrent dans de nombreux pays

Dans un communiqué rendu public en septembre 2019, le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motazéalertait déjà les populations contre la circulation de faux timbres fiscaux. Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, « rappelait au public qu’en application de la législation fiscale en vigueur, les timbres fiscaux sont exclusivement vendus dans les recettes des Impôts, les régies des recettes du timbre, les trésoreries générales, les recettes des Finances et les perceptions », pouvait-on lire dans le communiqué.

De plus le Ministre invitait de ce fait « le public à être vigilant et à se présenter directement dans les points de vente sus-indiqués et d’éviter de confier les actes et documents à timbrer à des intermédiaires ».

Ceci, afin d’éviter les timbres « sujets à caution » pour lesquels les services compétents de la direction générale des Impôts restent disponibles pour toute réquisition aux fins d’authentification. Enfin, Louis Paul Motazé précisait que « conformément à la réglementation en vigueur, les documents revêtus de faux timbres fiscaux seront systématiquement rejetés sans préjudice de poursuites pénales à l’encontre de leurs détenteurs ».

Notons que, comme en 2017, la sortie du ministre des finances intervenait dans un contexte de recrudescence des plaintes des candidats aux divers concours administratifs, qui voient leurs dossiers rejetés au moment du dépôt de ceux-ci, du fait de faux timbres fiscaux figurant sur différentes pièces de leurs dossiers de recrutement. Certains vendeurs de timbres improvisés et autres démarcheurs postés aux alentours des services publics, apposent sur les dossiers des candidats de fausses estampilles affichant sur leurs faces supérieures le montant « 0000 FCFA », au lieu de « 1000 FCFA ». Soyons donc vigilant pour ne pas tomber dans le piège de ces arnaqueurs. Comme on le dit si bien, « prudence n’est pas lâcheté. »


AvatarDaniel Elanc23 juillet 2020
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Pour l’édition 2020 de la fête d’indépendance de la République démocratique du Congo, le  président Félix Tshisekedi a reçu un message particulier venu de l’ancienne métropole.

« Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore présentes dans nos sociétés », a écrit le roi des Belges, Philippe au président congolais, Félix Tshisekedi. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le roi a présenté des regrets pour les blessures infligées lors de la période coloniale belge au Congo, le 30 juin 2020, à l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance. « A l’époque de l’Etat indépendant du Congo [quand ce territoire africain était la propriété du roi Léopold II], des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi [celle du Congo belge, de 1908 à 1960] a également causé des souffrances et des humiliations », poursuit le roi Philippe, qui règne depuis 2013. Il affirme désormais son engagement à « combattre toutes les formes de racisme ». Engagé dans ce qui s’apparente à une véritable opération de purification, le roi s’engage à encourager « la réflexion qui est entamée par notre Parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée ».

Absoute pour Patrice Lumumba

Le parcours fulgurant de Patrice Lumumba, fondateur du Mouvement national congolais, a été de courte durée. Il s’achève six mois et demi après son discours retentissant, le 17 janvier 1961. Déchu, humilié, torturé, le martyr de l’indépendance est exécuté en pleine brousse à 50 km d’Elisabethville, actuelle Lubumbashi, par des séparatistes katangais et leurs hommes de main belges. Il avait 35 ans. La cause de ses malheurs ? Le 30 juin 1960, dans un discours à Léopoldville, actuelle Kinshasa, Baudoin Ier, oncle de l’actuel roi, évoqua la « grande œuvre » et le « génie » de son ancêtre. Un panégyrique auquel Patrice Lumumba avait répondu par une diatribe cinglante, décrivant le Congo comme étant violenté et vidé de ses richesses devant des représentants belges consternés. Aujourd’hui, selon le roi Philippe, « l’heure est venue pour la Belgique d’entamer un parcours de vérité ».

Les Congolais réagissent

Dans une déclaration, la ministre congolaise des Affaires étrangères a d’abord salué la reconnaissance du fait que « le Congolais n’a pas été traité dans le respect de la dignité humaine », explique-t-elle. Pour Marie-Ntumba Nzeza, ce sont les meilleurs souhaits que pouvaient recevoir la RDC et sa population. « C’est du baume sur le cœur du peuple congolais. C’est une avancée qui va booster les relations amicales entre nos deux nations. C’est aussi un puissant soubassement socio-psychologique qui va, petit à petit, modifier notre regard sur nous-mêmes. La Belgique, par le roi Philippe, a posé les bases d’un changement profond ». Pour Carbone Beni, du mouvement citoyen Filimbi, c’est aussi « une prise de position historique », mais il ne faut pas s’arrêter là. Il plaide pour que cette histoire commune soit enseignée dans les deux pays. C’est aussi l’avis de Bienvenu Matumo, du mouvement citoyen Lucha (Lutte pour le changement). Mais, pour lui, la Belgique a encore quelques pas à faire. « Il y a eu beaucoup de crimes économiques, mais aussi des violations de droits de l’homme qui ont été commises en RDC par Léopold et la colonisation belge. Il faut déclencher un mécanisme de réparation, qui peut être un élément fondateur de nos nouvelles relations avec la Belgique. » Pour Bienvenu Matumo, les regrets ne suffisent pas, il exige de véritables excuses.


AvatarArmand Durvet17 juillet 2020
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L’interdiction de l’alcool avait été introduite dans le pays en 1983 par l’ancien président Gaafar Nimeiri. Arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d’Etat soutenu par les islamistes, Omar el-Béchir a encouragé une stricte pratique de l’islam dans le pays. Ces interdiction et pratique sont tombées à la faveur d’une série d’amendements approuvés le 10 juillet à Khartoum.

Le Soudan a décidé d’autoriser la consommation d’alcool aux non-musulmans, interdite depuis 1983 dans le pays où la législation demeure très conservatrice plus d’un an après la chute de l’ex-président Omar el-Béchir. Le 11 juillet au soir, le ministre de la Justice Nasreddine Abdelbari a annoncé la suppression de l’article 126 du code pénal traitant de l’apostasie, qui rendait notamment la consommation d’alcool passible de la peine de mort. « Un amendement autorise les non-musulmans à consommer de l’alcool hors de l’espace public, tant qu’ils ne causent pas de dérangement », a-t-il déclaré, lors d’un entretien avec la chaîne de télévision publique. Les non-musulmans représentent environ 3% de la population soudanaise, selon les chiffres officiels. La décision d’autoriser la consommation d’alcool aux non-musulmans fait partie d’une série d’amendements progressistes approuvés le 10 juillet par le Conseil souverain, la plus haute instance du pouvoir au Soudan, censée assurer la transition vers un pouvoir civil.

Une interdiction vieille de 37 ans

« Quiconque confectionne, boit ou vend des boissons alcoolisées à Khartoum nous allons le fouetter, peu importe ce qu’en pensent les Nations unies ou les organisations de défense de droits de l’Homme », déclarait en mars 2010, le raïs soudanais Omar el-Béchir, lors d’un discours à Khartoum. Le président soudanais d’alors veillait au respect strict de la loi islamique en vigueur. Le code pénal soudanais influencé par la loi islamique, charia, interdisait la fabrication, la consommation ou la vente d’alcool, crimes passibles de 40 coups de fouet. Mais des dispositions de l’accord de paix signé entre le Nord, musulman, et le Sud, en grande partie chrétien, ont levé l’application de la loi islamique au Sud-Soudan et affirmé que les chrétiens à Khartoum pouvaient demander un arbitrage religieux particulier.

L’excision est désormais un crime

Parmi les amendements approuvés le 10 juillet, l’interdiction de l’excision, une pratique ancestrale très répandue dans le pays, a également été adoptée. Le Conseil souverain, formé de civils dont des femmes et de militaires, a approuvé une série de lois dont celle criminalisant une pratique « qui porte atteinte à la dignité de la femme », selon le communiqué. Fin avril, le gouvernement avait voté un amendement au code pénal qui rend les auteurs de l’excision passibles de peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement avec paiement d’une amende. « La mutilation des organes génitaux de la femme est désormais considérée comme un crime » et « toute personne qui y a recours sera condamnée à une peine allant jusqu’à trois ans de prison », selon le texte de loi amendé. La clinique ou l’endroit où a eu lieu l’excision risquent également d’être fermés.

Sur Twitter, le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a salué « un important pas sur la voie de la réforme judiciaire, et de la réalisation du slogan de la révolution : liberté, paix et justice ». Les autorités vont « réviser les lois et procéder à des amendements pour pallier les failles dans le système judiciaire », a-t-il conclu.



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Meyomessala international est un outil de communication stratégique, axé sur le marketing politique des  leaders d’opinion , des acteurs de la société civile africaine ainsi que  des acteurs économiques. C’est  une publication et  une diffusion du Groupe BYSSEN, entreprise de droit camerounais  spécialisée dans  la  communication  écrite  et cybernétique.




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