Il s’agit d’un coup d’envoi d’une deuxième session ordinaire, dans un contexte politique et social mitigé. Car, le remaniement du gouvernement est très attendu du peuple camerounais et de la classe politique en général, sans oublier le poste de Vice-Président, dont le futur nom fait objet de mystère dans les couloirs de la Présidence de la République.
À l’ouverture des travaux, le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, a rappelé les attentes des populations en matière de lutte contre la vie chère, d’emploi des jeunes et des femmes, d’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’eau potable, à l’électricité et l’entrepreneuriat.
Par ailleurs, le président de l’institution a également souligné l’importance du développement des infrastructures, de la modernisation de l’agriculture et de la protection de l’environnement afin d’améliorer durablement les conditions de vie des camerounais. Parmi les dossiers prioritaires évoqués figure la gouvernance du secteur minier. Théodore Datouo a plaidé pour une plus grande transparence dans la gestion des ressources, un meilleur contrôle des activités minières et une redistribution plus équitable des revenus au profit des communautés locales.
De plus, les questions foncières ont aussi occupé une place importante dans son intervention. Face à la persistance des litiges et aux difficultés administratives, il a appelé à la poursuite des réformes destinées à renforcer la sécurité juridique et à restaurer la confiance des citoyens.
La séance a connu la présence du président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, du Premier ministre, Chef du gouvernement, Dr Joseph Dion Ngute, du ministre d’Etat, secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh ainsi que des membres du gouvernement et des députés.
“Le Parlement n’est pas seulement le lieu où l’on vote les lois ; il doit être le lieu où les préoccupations du peuple trouvent un écho et des réponses” , a déclaré le successeur de Cavaye Yeguie Djibril au perchoir de l’Assemblée nationale face à l’assistance et les médias accrédités.
En marge, cette session porte sur la préparation du budget de l’Etat à travers le débat d’orientation budgétaire. Le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) est une étape institutionnelle préalable et obligatoire au vote du budget d’une collectivité publique ou de l’État. Il permet aux élus de discuter des orientations financières pluriannuelles, des ressources prévisionnelles et des grands projets d’investissement avant l’adoption définitive du budget. Cette année, le débat d’orientation budgétaire intervient après l’adoption d’un budget 2026 établi à 8 816,4 milliards de FCFA, en hausse de 14 % par rapport à 2025. Cette progression traduit l’ambition de soutenir l’investissement public et les dépenses prioritaires, mais elle pose aussi la question de la soutenabilité du financement, de la qualité de la dépense et de l’efficacité de l’exécution budgétaire.
Théodore Datouo en pèlerin de la paix
S’inspirant du message du pape Léon XIV en visite au Cameroun et de la célébration de l’Unité nationale le 20 Mai dernier, le Président de l’Assemblée Nationale appelle les députés à préserver la paix, à consolider l’unité nationale, à transmettre aux générations futures le patrimoine de paix et d’unité reçu des aînés. D’après lui, “Sans paix il n’est point de développement. Sans unité il n’est point de Nation. Sans cohésion il n’est point d’avenir”.
Cet appel à la paix au Cameroun, résonne depuis le perchoir de la représentation nationale, et de celle des collectivités territoriales décentralisées au moment où la paix et l’unité nationale sont menacées. À la veille et au lendemain de la célébration de la 54è édition de la fête de l’Unité nationale, des faits commis ci et là constituent à n’en point douter, des illustrations de ce qui tend à fragiliser l’unité nationale. Des rivalités apparentes entre autochtones et allogènes dans certaines villes et localités engendrant parfois des manifestations publiques, des discours de rejet ou de haine sur les réseaux sociaux sont quelques exemples.
Une manifestation des citoyens se revendiquant une certaine identité de “Littoralien” tenue à Douala il y a quelques jours pour dire non à l’installation d’une chefferie dans le village Bonateki suscite de vives réactions. Une situation enflammée en raison du fait que les autochtones rejettent l’intronisation des allogènes à la tête des chefferies. Ces incidents et bien d’autres méritent un traitement sérieux. Et les acteurs politiques se prononcent progressivement afin que la réconciliation soit au rendez-vous.












