Le corps retrouvé jeudi 4 juin 2026 a été identifié formellement comme étant celui de la jeune Lyhanna, disparue le 29 mai dernier. Les causes de son décès sont toujours floues, à l’heure où des légistes réalisent encore des examens complémentaires. Ces analyses plus poussées peuvent, par exemple, permettre de mettre au jour des lésions sur un larynx d’enfant, plus souple que celui d’un adulte, et d’identifier des traces de suffocation. Pour l’heure, la thèse des enquêteurs est criminelle avec de forts soupçons d’abus sexuels ante mortem.
Face à cette onde de choc, une marche blanche a été organisée Dimanche dernier avec la participation d’au moins 5000 personnes, en présence des maires des communes exclusivement, la famille rejetant la participation de personnalités politiques. Ce drame remet au goût du jour le débat sur le rétablissement de la peine de mort en France, pour les crimes perpétrés sur des enfants.
Le nommé Jérôme Barella, le principal suspect dans cette affaire, est mis en examen depuis lundi 8 Juin 2026. Il est visé par plusieurs plaintes et signalements dans d’autres affaires, notamment pour des violences sexuelles. En outre, une nouvelle plainte pour viol a été déposée contre Jérôme Barella jeudi soir par une mère de famille concernant sa fille. Une enseignante, ex-collègue du suspect Jérôme Barella, a fait part de son incompréhension face à l’absence de mesures prises à l’encontre de cet homme, pourtant mis en cause à plusieurs reprises. Il avait notamment été licencié d’un établissement scolaire, où cette enseignante travaillait, pour comportement inapproprié avec une lycéenne.
Quant au Ministre de la justice Gérald Darmanin, il a assuré aux médias, qu’il tirera des conclusions devant de telles défaillances de la justice après la mort de Lyhanna. Une session ordinaire du Sénat présidée par Gérard Larcher avait au menu des pourparlers, le dossier de la jeune fille, en invitant les sénateurs à s’exprimer et proposer des solutions à ce drame. Pour l’heure, les politiques sont unanimes à l’image du Premier Ministre Sébastien Lecornu: Il y’a eu des défaillances tant au niveau des enquêteurs, qu’ au niveau du système judiciaire lui-même. Le conseil des ministres tenu le 10 Juin à l’Élysée sous Emmanuel Macron, a été l’occasion de rappeler les grandes lignes de ces futures actions: Accorder plus de moyens financiers à la justice dont le budget a explosé de 54% depuis 2017, cribler les dossiers d’abus sexuels sur mineurs par les magistrats et les officiers de police judiciaire, plus de célérité dans le traitement des dossiers et le recueillement des témoignages, mieux traiter les signalements.
L’ancien ministre Bruno Retailleau, dénonce un naufrage de la justice qui appelle à une révolution pénale. L’ex-patron de l’Intérieur affirme que les mécanismes de sanction des magistrats ne fonctionnent pas, car trop dépendant du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui est trop corporatiste dans sa composition selon lui.
Le patron des Républicains par exemple, propose de créer une cour disciplinaire de la magistrature à la place du CSM. Celle-ci pourrait être composée d’un collège de citoyens, désigné par tirage au sort, qui siégerait aux côtés de magistrats et de personnalités qualifiées.
Lundi 8 juin, lors d’une conférence de presse transpartisane, hors extrême droite, la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, et des députés socialistes, centristes ou encore écologistes, entendaient réclamer une réponse systémique à la mort de Lyhanna. Les élus souhaitent voir à l’ordre du jour, la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes déposée en décembre 2025, et portée par la députée de Seine-et-Marne socialiste, Céline Thiébault-Martinez.
Jordan Bardella, le Président du Rassemblement National (RN) a estimé jeudi que Gérald Darmanin aurait dû démissionner après le drame de la petite Lyhanna. “L’affaire est d’une particulière gravité et, au regard de ce contexte, le chef de l’administration, c’est-à-dire le ministre de la Justice, aurait, à mon sens, dû par honneur présenter sa démission au président de la République”, a déclaré le président du RN lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Selon ce dernier, “l’État a très largement été défaillant” et le garde des Sceaux aurait pu “reconnaître la faute de l’administration dans cette affaire, ce qui ne veut pas dire reconnaître sa responsabilité personnelle”.












