Il s’agit d’une affaire très grave. Des accusations de viol sur mineure, un dossier particulièrement sensible concernant la protection de l’enfance au sein de nos écoles. L’établissement Olympic Glory School situé à Odza, dans le quatrième arrondissement de la ville de Yaoundé, a été le théâtre d’une manifestation monstre, organisée par la population et les associations. En cause, la dénonciation faite par la maman de la jeune fillette de 3 ans, Bissang Omgba Joyce Nawal, qui selon elle, est rentrée de l’école avec des signes d’abus sexuels présumés. Cette nouvelle accusation a immédiatement déclenché une onde de choc au Cameroun provoquant des indignations. Face à l’ampleur de la polémique, les forces de l’ordre et de sécurité se sont déployées sur le terrain, et ont procédé à l’arrestation à titre conservatoire d’une vingtaine de personnes sur les lieux. Le scandale a atterrit au plus haut sommet de l’État et nécessité l’intervention de toute la chaîne éducative et administrative. Les autorités préfectorales, le Gouverneur de la région du Centre Paul Nasseri Béa, le Ministre de l’éducation de Base, le Ministre de la femme et de la famille Marie Thérèse Abena Ondoa, de la Secrétaire d’État à l’Éducation de Base, du Procureur de la République près du Tribunal de Première instance d’Ekounou, se sont rendus sur les lieux, afin de s’entretenir à huit clos avec les parents de la fillette, les encadreurs, les responsables de l’établissement, et les autorités judiciaires, policières et de gendarmerie. Bien avant l’arrivée de toutes les autorités, une enquête administrative avait été enclenchée le jour même par le Délégué Régional de l’éducation de base, pour un compte rendu disponible sous 72 heures.
Au sortir de cette entrevue de deux heures, le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, a déclaré que des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs du viol de Nawal. Il s’exprimait à l’issue d’une réunion avec d’autres ministres et la direction de l’établissement. Il a réitéré son appel au calme et a demandé à la justice de suivre son cours, tout en avertissant que des sanctions sévères, pouvant aller jusqu’à la suspension ou la fermeture de l’école, seraient appliquées en cas de condamnation définitive. Le Ministre a dit qu’il ne se soustrait pas à la Justice, et laisse les autorités compétentes faire leur travail, y compris ses services qui diligentent en ce moment même une enquête administrative préliminaire.
De plus, le certificat médical renseigné le 26 Mai 2026 au Centre Médical d’Arrondissement d’Odza confirme la gravité des faits dénoncés par la famille de la victime et parle d’un traumatisme. Le rapport signé par la gynécologue-obstétricienne de l’Institution sanitaire public, atteste également la présence d’une ecchymose péri-hyménéale. En outre, le dit certificat indique que les parents ont consulté en urgence, après avoir constaté un saignement vulvaire au retour de l’école la veille, avec une suspicion de traumatisme de la région anale nécessitant des soins urgents.
Dans le même sillage, le Ministère des Affaires Sociales (MINAS) a réagi aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux, faisant état d’un cas présumé d’abus sexuel aggravé sur une fillette de trois ans, dans un établissement scolaire de Yaoundé. Dans une note d’information signée le 28 mai 2026, la ministre Pauline Irène Nguene dit avoir été « profondément indignée » par ces faits qualifiés d’odieux, tout en appelant à la vigilance et à la responsabilité dans le traitement de l’information. Dans le cadre de ses missions de protection de l’enfant, le ministère a prescrit à ses services déconcentrés du Mfoundi, en collaboration avec plusieurs administrations concernées, l’ouverture d’une « enquête sociale urgente ». L’objectif est, en cas de confirmation des faits, d’assurer une prise en charge psychosociale immédiate de l’enfant et de sa famille, ainsi que la mise en place d’une cellule d’écoute au sein de l’établissement scolaire pour les élèves, parents et personnels. Le MINAS insiste également sur la nécessité d’une mobilisation collective pour la protection des enfants en milieu scolaire, familial et professionnel. S’appuyant sur les hautes directives des autorités nationales, le département ministériel appelle à une « veille sociale permanente » afin de prévenir la répétition de tels actes et renforcer la sécurité des enfants dans leurs environnements de vie.












