Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a ordonné le rétablissement de l’accès à l’internet international, suspendu depuis les attaques lancées par les Etats-Unis et Israël en Février 2026, selon des médias locaux iraniens. Le décret visant à rétablir l’internet à son état d’avant janvier, a été communiqué au ministère des Communications par le président Massoud Pezeshkian, ont annoncé plusieurs organisations médiatiques.
Interrompu pendant les grandes manifestations qui ont culminé début janvier, l’accès à internet en Iran avait été suspendu le 28 février, au début des frappes américaines et israéliennes contre le pays. Cette coupure de grande ampleur est un cas emblématique d’une tendance plus globale, qui voit plusieurs États du monde, opérer des “kill-switch” sur leurs infrastructures Internet nationales, pour des buts affichés de maintien de l’ordre. Entre 2025 et 2026, plus de 52 pays ont procédé à la coupure ou encore à la restriction de l’accès internet, pour des motifs surtout politiques et sécuritaires, à l’image de la République du Congo Brazzaville en Mars 2026, le Gabon, l’Albanie, l’Inde, Israël, ou encore la Birmanie.
“La première étape vers un accès libre et régulé au cyberespace a été franchie”, a ensuite indiqué le vice-président iranien Mohammad Reza Aref dans un message publié sur X (ancien Twitter), ajoutant qu’avec cette mesure, les demandes des Iraniens seront satisfaites dans le futur.
Lundi 25 Mai, en pleines négociations entre Téhéran et Washington pour mettre durablement fin à la guerre, le président Massoud Pezeshkian, perçu comme plus modéré par les analystes internationaux, avait ordonné le rétablissement de l’accès à internet. Toutefois ce signal de détente a été brouillé ce mardi, quand la justice iranienne a annoncé la suspension à la suite de dépôts de plaintes de l’organe qui avait pris cette mesure, le Quartier général spécial pour l’organisation et la gouvernance du cyberespace national, créé le 12 mai 2026 par le Président en personne.
Depuis le début de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la population iranienne n’avait accès qu’à l’intranet local, qui permet de se connecter à des sites nationaux, des services bancaires, ou des applications approuvées par l’Etat islamique. D’ailleurs, la coupure a lourdement affecté les secteurs économiques dépendant d’une connexion internet, comme les hautes technologies et le commerce en ligne. “La situation reviendra à la normale une fois que l’ombre de la guerre aura disparu”, avait assuré mi-mai la porte-parole du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, en faisant peser la responsabilité sur les menaces des ennemis américains et israéliens sur la sécurité du pays. Ces dernières semaines, l’Iran avait toutefois mis en place un système d’accès conditionnel à internet, appelé “Pro Internet” qui, selon les médias iraniens, accorde un accès plus large à certains professionnels et entreprises, moyennant des frais plus élevés, à l’image de services premium pour Internet.
Selon l’ONG Access Now, cette évolution de coupures d’internet demeure alarmante. Les belligérants pendant les conflits, utiliseraient systématiquement les coupures d’Internet comme un élément stratégique de guerre. Diverses tactiques seraient employées : destruction d’infrastructures de télécommunications et d’énergie, utilisation de brouilleurs ou mise hors ligne de services via des cyberattaques.
Dans certains cas, il s’agirait de dissimuler de graves violations des droits humains. L’ONG cite l’exemple de la prise de la ville de Goma, en République démocratique du Congo, par le groupe rebelle M23, durant laquelle Internet a été coupé. Les combats ont fait des centaines de morts et de nombreuses personnes ont dû fuir. Au Népal, les forces de sécurité auraient tué plus de 70 personnes lors de manifestations et fait plus de 2 000 blessés en 2025. En Iran, pas moins de onze coupures et restrictions ont été recensés l’année dernière dans le pays.












