Le 25 juin 2026, à Minkoameyos dans l’arrondissement de Yaoundé VII, le ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston Eloundou Essomba, en compagnie du MINFOPRA Joseph Le, a officiellement posé la première pierre du Projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de Yaoundé. Financé à hauteur de 87 milliards FCFA, ce projet vise à moderniser le réseau existant, à l’étendre vers la périphérie et à garantir un acheminement continu de l’eau jusqu’aux ménages. Le point de départ des travaux sera la construction, à Minkoameyos, d’un premier réservoir de 3 750 m³, destiné à renforcer progressivement les capacités de stockage et de distribution de la capitale.
En effet, cette nouvelle phase vient compléter le Projet d’Alimentation en Eau Potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du Fleuve Sanaga (PAEPYS). Mis en service en août 2024 pour un coût de 399 milliards FCFA, le PAEPYS capte son eau sur le fleuve Sanaga (au niveau de Batchenga) et injecte 300 000 m³ d’eau par jour (extensible à 400 000 m³). Une capacité théoriquement suffisante pour couvrir largement les besoins de la capitale jusqu’en 2040.
Toutefois, malgré une offre globale désormais supérieure à la demande estimée de la capitale (environ 315 000 m³/jour), les rationnements persistent. Comme l’a rappelé le ministre de l’Eau et de I’Énergie Gaston Eloundou Essomba, « un système d’alimentation en eau potable ne se limite pas à la production. Sa performance dépend également des infrastructures de transport, de stockage et de distribution ». Or, le rendement du réseau plafonne à 52 %, plombé par le sous-dimensionnement des conduites, la vétusté généralisée des installations et les importantes pertes d’eau. Pour résoudre cette crise de distribution, la société publique Cameroun Water Utilities (Camwater) a signé, le 13 février 2026, plusieurs conventions de financement. L’enveloppe mobilisée atteint 111,6 milliards FCFA pour les deux premiers lots, financés par ING Bank et Belfius Bank, tandis qu’un troisième lot de 25,2 milliards FCFA sera couvert par Deutsche Bank, via sa filiale italienne. Au total, près de 137 milliards FCFA avaient été annoncés pour restructurer un réseau vieillissant, marqué par d’importantes pertes et une pression insuffisante dans de nombreux quartiers.
De plus, les travaux de cette première phase, confiés à ASPAC TECHNICS et au groupement Putman-Phoenix Environnement pour une durée de 36 mois, prévoient la construction de cinq stations de reprise, de trois réservoirs offrant plus de 13 000 m³ de capacités additionnelles de stockage ainsi que la pose de 160 kilomètres de nouvelles canalisations afin d’étendre le réseau vers les quartiers encore non desservis. Ils comprennent également le renouvellement des anciennes conduites en fonte grise et en acier, la mise en place d’un système de télégestion pour détecter les fuites en temps réel et réduire les pertes techniques, ainsi que le raccordement de 30 000 nouveaux ménages au réseau d’eau potable. À terme, Camwater ambitionne de porter la capacité d’absorption et de distribution du réseau de Yaoundé à 480 000 m³ d’eau par jour. Selon le MINEE Gaston Eloundou Essomba, l’impact de ce projet dépassera les limites strictes de la capitale. À terme, la reconfiguration du réseau va non seulement stabiliser la pression au robinet à Yaoundé, mais elle permettra également d’alimenter les villes universitaires.












