Comment coordonner plus efficacement la riposte lorsque des urgences se manifestent en termes de santé. C’est autour de cette question centrale que se sont retrouvés, à Mbalmayo (Nyong et So’o), responsables publics, experts de santé, représentants de la société civile et partenaires au développement, réunis pour travailler sur le futur Plan d’action national de sécurité sanitaire (PANSS) 2027-2031.
Pendant cinq jours, les participants ont cherché à tirer les leçons des crises récentes pour bâtir une feuille de route plus opérationnelle. L’objectif est clair : doter le Cameroun d’un cadre mieux structuré pour prévenir les risques, repérer plus tôt les menaces et améliorer la coordination des réponses lorsque survient une urgence sanitaire.
Faire face aux nouvelles menaces sanitaires
En effet, l’exercice intervient dans un contexte où les vulnérabilités sanitaires se multiplient. Épidémies, maladies émergentes, effets du changement climatique, mobilité accrue des populations et intensification des échanges de marchandises augmentent les risques de propagation rapide des maladies à l’image de l’Hantavirus ou d’Ebola. Pour les participants, cette réalité impose de renforcer les dispositifs existants, tant en matière d’alerte précoce que de capacité d’intervention.
Les travaux ont ainsi porté sur trois priorités : prévenir les risques avant qu´ils ne dégénèrent, améliorer les systèmes de surveillance pour détecter plus rapidement les signaux d’alerte, et organiser une riposte plus cohérente lorsque la crise éclate. En filigrane, une même préoccupation domine : rendre l´État plus réactif face à des menaces dont la fréquence et la complexité ne cessent de croître.
Au fil des échanges, un constat s’est imposé : la sécurité sanitaire ne peut plus être pensée comme la seule affaire du ministère de la Santé. La surveillance des maladies animales, la protection de l’environnement, la circulation de l’information, la communication avec les communautés et la coordination entre administrations sont désormais perçues comme des maillons tout aussi décisifs.
C’est cette logique qui a conduit les participants à inscrire leurs travaux dans l’approche dite « One Health », qui repose sur une articulation entre santé humaine, santé animale et santé environnementale. Pour les autorités sanitaires, cette approche doit permettre de mieux appréhender les menaces à la source et d’éviter qu’elles ne soient traitées trop tard, une fois déjà installées.
De plus, les échanges ont également mis en avant la nécessité d’améliorer la circulation de l’information entre les différents acteurs impliqués dans la gestion des alertes. Car la performance d’un dispositif de sécurité sanitaire dépend aussi de sa capacité à faire remonter rapidement les signaux faibles, à les partager sans blocage institutionnel et à activer, sans délai, les mécanismes de réponse.
Les participants ont aussi insisté sur le rôle des communautés, considérées non plus comme de simples destinataires des messages de prévention, mais comme des partenaires à part entière dans l’identification des risques, la diffusion de l’information et le contrôle des épidémies. L’enjeu, ici, est autant technique que politique : une réponse sanitaire efficace suppose une confiance minimale entre institutions et populations. À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été faites pour améliorer la gouvernance. Les experts suggèrent notamment : La création d’une plateforme nationale qui jouera le rôle d’autorité du RSI; une meilleure collaboration entre tous les points focaux sectoriels; Le renforcement de la communication sur les risques et de l’engagement des communautés.
Par ailleurs, la finalisation de ce plan stratégique marque une étape décisive pour le pays. Le Cameroun ambitionne ainsi d’améliorer ses performances et de mieux se protéger face à la montée de nouveaux risques sanitaires dans le monde.












