CEMAC : vers une sortie de crise

Le comité de politique monétaire de la sous-région rassemblé le 31 octobre à Yaoundé, a dévoilé des chiffres encourageants tout en prenant des mesures pour accélérer la sortie de crise.

 Une fois de plus Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), par ailleurs président du comité de politique monétaire (CPM) ; a été direct en répondant à la question sur la dévaluation du franc CFA : « La dévaluation du franc CFA n’est pas d’actualité. Ce n’est qu’une rumeur infondée alimentée dans les réseaux sociaux chaque fois que les dirigeants de la sous-région ou de la zone se réunissent ». Le gouverneur a développé que les Etats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont davantage centrés sur la diversification des bases de recettes et la création d’emplois. C’était au sortir de la 3e réunion annuelle du CPM, dont l’objectif est de dresser un état des lieux de la situation macroéconomique mondiale et sous régionale et de faire des projections pour la suite.

A en croire les chiffres disponibles et des clarifications apportées par le président du CPM la situation semble encourageante pour l’Afrique centrale. C’est alors que le 31 octobre 2018, les données présentées font état d’un taux de croissance réel du PIB de 1,7% contre 0,2% en 2017 ; la réduction du déficit budgétaire à 0,3% du PIB contre3,8% en 2017. Quant au taux d’inflation, il est maintenu sous le seuil communautaire à 1,7%, alors que le taux de couverture extérieure de la monnaie est évalué à 59,7% contre27,5% l’année dernière. Ces prévisions ont été rendues possibles, selon le communiqué du CPM, par «la remontée des cours et de la production du pétrole, l’accélération de la mise en œuvre des réformes économiques, monétaires et financières prévues dans le programme de réformes de la communauté et les programmes conclus avec le FMI ». Face à ces perspectives favorables, le Comité a pris certaines décisions qui devraient accélérer la sortie de crise. Il s’agit notamment du relèvement du principal taux directeur de55 points. Il passe de 2,95% à 3,5%pour, selon Abbas Mahamat Tolli, conforter les réserves de change qui continuent lentement mais surement leur remontée. Il a aussi été décidé de relever le taux de pénalité aux banques, passant de 7,00% à 7,55%, entre autres.

Des mesures visant à soutenir les programmes économiques et financiers en cours dans la sous-région et encore, l’urgence de voir l’ensemble des six pays membres adopter ces programmes a été soulignée. Le gouvrneur de la BEAC a rassuré l’assemblée du fait que le Congo et la Guinée équatoriale poursuivent les négociations suivront la marche d’un moment à l’aure. Un bond  qui pourrait rapporter à l’Afrique centrale un appui de 1000 milliards de FCFA en fin 2018.

Serge Becthold


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